Historique

Le mouvement est né du besoin de faire face aux attaques budgétaires et réglementaires qui ont ébranlé les milieux culturels et associatifs genevois depuis 2015.

2015

  • 4 novembre 2015 – lettre de la présidence du conseil d’Etat
    Une lettre type de la Chancelière et du Président du Conseil d’Etat annonce aux directions des établissements subventionnés qu’il leur sera demandé d’appliquer une réduction de 5% sur 3 ans sur les charges de personnel, et ce au nom des difficultés financières du canton et de la dégradation des prévisions de recettes fiscales. Le courrier suscite la surprise, la perplexité, puis l’inquiétude. Il fait suite à un premier courrier au mois de juin, qui faisait état, parmi les mesures d’économies du canton, d’une coupe linéaire de 1% sur les budgets culturels.
  • 17 novembre 2015 – le mouvement La Culture Lutte est lancé
    Au vu des nuages qui s’amoncellent dans les ciels culturels et associatifs, des artistes et acteurs de tous horizons culturels, mais aussi des membres de diverses associations, répondent  à  l’invitation de plasticiens de se retrouver de façon informelle autour de mêmes inquiétudes et d’un désir partagé d’agir, de réfléchir ensemble, et également de descendre dans la rue pour marquer la solidarité avec les fonctionnaires. Sur toutes les lèvres aussi, un acronyme ahurissant, LRDBHD, la nouvelle loi sur les débits de boissons. Une loi qui, au-delà de l’Usine, emblème de la culture alternative à Genève, promet de fragiliser de nombreuses structures. Les idées fusent, les premiers slogans sortent, dont un clin d’œil à mai 68, La Culture Lutte qui signera désormais l’esprit et la lettre du mouvement naissant.
  • 18 novembre 2015 – désenchevêtrement, quand tu nous tiens…
    Une déclaration conjointe du Conseil d’Etat et de la Ville de Genève annonce sans ambages la nouvelle répartition des tâches entre le Canton et la Ville dès 2017. En gros: le Canton se désengage (…), ne conservant guère plus que le Grand Théâtre, l’OSR et le livre. La Ville financera le reste, entièrement. Ainsi toute la création indépendante, les théâtres, la Nouvelle comédie, etc… ne bénéficieront plus de l’appui conjoint du Canton. Un «désenchevêtrement» qui de l’avis général semble avoir été  fait à la va-vite, et prend tout le monde de court, d’autant plus qu’une déclaration signée un an et demi plus tôt, quasiment par les mêmes, disait l’exact contraire. Le retournement met aussi en porte-à-faux le Conseil consultatif de la culture (créé dans la foulée de la nouvelle loi sur la culture, votée en 2013, et désignant le canton comme le grand organisateur d’une politique culturelle coordonnée). Ce conseil consultatif a pour mission de conseiller les collectivités publiques sur les orientations et les priorités des politiques culturelles sur l’ensemble du territoire cantonal. Mais sa première réunion a été sans cesse différée. Vu l’importance de la décision, le désenchevêtrement aurait dû logiquement figurer au cœur de ses débats. Or, lorsque sa première réunion se tient enfin, en janvier 2016, la messe semble être dite…
  • 1er et 15 décembre 2015 – la culture se joint en masse à la manifestation syndicale et populaire
    Grève, puis manifestations de grande ampleur, la colère ne plie pas bagage, au contraire: la détermination ne fait que se renforcer. Dans la foule compacte qui se masse à la Treille et, le lendemain des coupes, sur la place Neuve, des slogans, tels que «la culture coûte cher? essayez l’ignorance». Ils sont nombreux à arborer des t-shirts tout juste sortis des ateliers de sérigraphie.
  • 14 décembre 2015 – la Ville coupe et le RAAC se dissout
    Le couperet tombe en vieille ville : Sur un budget pourtant excédentaire de 8 millions, le Conseil municipal impose des coupes ciblant la vie culturelle, sociale et associative. Pendant ce temps, en contre- bas dans les locaux de Fonction : cinéma, le RAAC refuse de cautionner le cavalier seul des autorités. Prenant acte de la rupture de la concertation avec les autorités, l’association choisit de se dissoudre afin de permettre la mise en place d’autres outils pour défendre les intérêts des milieux culturels. La décision sera confirmée lors de l’AG de dissolution le 24 février.
  • 19 décembre 2015 – «On est vénère»
    Une manifestation sauvage dégénère et jette sa colère confuse sur les façades de la ville et notamment sur celle du Grand Théâtre. Dans un communiqué, la Culture lutte condamne sans ambiguïté les déprédations commises cette nuit-là et les tentations d’amalgame avec la lutte des acteurs culturels sont rapidement balayées.
  • 21 décembre 2015 – référendum
    Un comité référendaire se constitue. Les associations, les syndicats, la gauche, les verts, rejoignent la Culture lutte pour récolter des signatures en vue du double référendum. Le premier concerne la coupe linéaire de 2,5% dans la ligne 31 (biens, services et marchandises) pour un montant de 4,14 millions de francs. Le second attaque la coupe de 10% dans les fonds généraux pour la culture (700’000 francs) et celle de 600’000 francs dans le fonds chômage, et conteste la coupe linéaire de 2% dans les subventions pour un total de 1,9 millions (qui a toutefois épargné le Grand Théâtre, le sport et la petite enfance).

2016

  • 12 février 2016 – plus du double des signatures requises sont déposées au Service des votations
    Bravant le froid et la grisaille, on les voyait aux portes des théâtres, sur les places, dans les événements : l’engagement des chasseurs de signatures de la Culture lutte, des milieux culturels et associatifs, de la gauche et des syndicats, a payé. Ce sont plus de 9’400 signatures qui ont été récoltées.
  • 8 avril 2016 – création d’une association de soutien
    L’association aura pour but de contribuer au renforcement de la vie artistique au niveau régional en soutenant administrativement et financièrement le mouvement La Culture Lutte, sans s’y substituer. Elle n’aura pas de mission de communication ou de représentation publique.
  • 5 juin 2016 – votations et résultats
    Lors de la votation populaire du dimanche 5 juin, la tension était à son comble et les résultats définitifs sont tombés en fin d’après-midi: plus de 60% des votants ont soutenus les deux référendums portés par les milieux culturels et sociaux.
  • 17 octobre 2016 – Lancement de la saison 2
    Il semble évident à chacun que les fossoyeurs d’un soutien raisonnable à la culture ne vont pas s’arrêter dans leur projet de démantèlement malgré le vote populaire.
  • Novembre 2016-janvier 2017 – soutien au comité référendaire contre la RIE III
    Le mouvement La Culture Lutte relaie les informations et communications du comité référendaire contre la RIE III (réforme de l’imposition des entreprises). La coordination met à disposition des artistes et acteurs culturels un résumé des enjeux.

2017

  • 31 janvier 2017 – prise de position contre le désenchevêtrement
    Un texte posant des questions sur le bien-fondé de la LRT, s’appuyant sur un historique est signé par 400 artistes et acteurs culturels. Ce courrier est envoyé aux conseillers municipaux Ville de Genève et au Conseiller administratif en charge du Département de la culture et du sport, aux députés du Grand Conseil et à la conseillère d’Etat en charge du Département de l’instruction publique de la culture et du sport, au président de l’association des communes genevoises, au Conseil consultatif de la culture, à Pro Helvetia.
  • Dès février  2017 – observatoire
    Diverses auditions du mouvement par les politiques suite à la prise de position contre le désenchevêtrement. Les réponses données aux questions sur la mise en œuvre confirment les problématiques d’une loi votée dans la précipitation. Le mouvement récolte des informations sur les implications pour les artistes et citoyens.
  • Avril 2017 – audit service culturel Ville de Genève
    Transmission des remarques concernant les conclusions de l’audit.
  • Mai 2017 – référendums contre les coupes budgétaires en Ville de Genève
    Le mouvement n’entre pas dans le comité de récolte de signatures du référendum lancé par Ensemble à gauche contre les coupes budgétaires en Ville de Genève. Il en communique les raisons : ne pas entrer dans la vision morcelée imposée par la majorité du Conseil municipal, mauvaise période par rapport au calendrier artistique et culturel (les lieux de représentation permettant de bonnes récoltes de signatures sont pour la plupart en fin de saison).
  • Juin 2017 – prises de position
    Le mouvement La Culture Lutte soutient le collectif Xénope dans sa résistance à l’évacuation de la maison de Malagnou. Prise de parole pendant le cortège. Vu l’aboutissement du quadruple référendum contre les coupes budgétaires en Ville de Genève, le mouvement La Culture Lutte décide de faire une prise de position officielle et contribuera avec une affiche et des actions, sans joindre le comité référendaire.